VACANCES PICARDES
Roman policier Éditions Ravet-Anceau
2007

PRESSE
Courrier Picard, mardi 2 octobre 2007

VACANCES PICARDES

Philippe Sturbelle a trouvé au Crotoy une terre qui nourrit son inspiration. Son premier roman scelle d'un lien indéfectible l'écrivain à la Picardie.


Ce devait être un break loin de tout. Pour Roland Mesclin, personnage principal de Vacances picardes, histoire un peu déjantée, parfois terrifiante, le séjour en Baie de Somme a rapidement viré au cauchemar meurtrier."À part le breaak auquel j'aspirais depuis longtemps, le reste n'est que pure fiction" prévient Philippe Sturbelle.
L'auteur, né en Belgique, a vécu une grande partie de son enfance en Thiérache, mais c'est dans le petit port du Crotoy qu'il a trouvé, dit-il, "des lumières qui n'existent nulle part ailleurs" et "cette ambiance toujours chargée de rudesse et de mystère". Juste ce qu'il fallait pour poser ses valises…et écrire son premier roman policier.
Cette nouvelle expérience est intimement lié à son métier de comédien. Vacances picardes a en effet servi de support à une rencontre théâtrale originale en Poitou-Charentes. Ce récit a été le prétexte d'une lecture quotidienne sur scène de chacun des sept chapitres – comme autant de jour de la semaine – devant un public invité à imaginer et écrire une suite narrative lors d'ateliers animés par l'auteur.
"C'est très convivial, raconte Philippe Sturbelle. Il se souvient des onze histoires nées de cette rencontre avec des gens "dont la plupart n'avaient jamais touché à l'écriture." Comme lui.Avant qu'il ne se décide à proposer son manuscrit à un éditeur. "L'écriture c'est la liberté la plus totale. Il se passe la même chose lorsqu'on improvise au théâtre. Quand on joue, on se surprend à des moments de vérité, devant le papier, on retrouve la même émotion. Mais, elle vous poursuit tous les jours, jusqu'à la dernière page." Dans son livre, le comédien ne se prive pas de cette liberté, jusqu'à l'ivresse des maux.
Sa carrière déjà longue, pétrie de ce théâtre de saltimbanque qui s'adresse à la rue, témoigne d'un artiste impertinent, "contestataire, pas militant" qui peste lorsqu'il évoque les miettes que laissent les scènes nationales à la création.
Philippe Sturbelle aime surprendre. Il ne s'en cache pas. Il mène sa vie ainsi. Il parle peu de ses apparitions au cinéma (Les Anges Gardiens de Jean-Marie Poiré, 24 heures de la vie d'une femme de Stephan Sweig). Mais il s'enflamme au souvenir du Bread and Puppet avec lesquels il a partagé deux ans de sa vie aux États Unis, ou de la 2CV Théâtre à bord de laquelle il a parcouru le monde… jusqu'en Corée, pour y jouer la comédie et servir des spaghettis à la fin du spectacle !
Auteur prolixe, il est aussi capable – dernier avatar en date – de vous entraîner dans une "égographie" de sa Belgique natale avec Prutficellekestraat, spectacle imprononçable à l'heure où les Belges n'ont vraiment pas la frite, ou encore de vous amener, au gré d'une rencontre dans sa maison de pêcheur, à partager l'univers onirique étreint des images surréalistes d'Ensor ou de Félicien Rops qui hantent son imagination.
Vacances picardes, ou les sept jours de folle vacances de M. Mesclin, c'est un peu lui, et donc tout cela à la fois. Avec pour toile de fond, ce plat pays qui ressemble tant au sien.


MICHEL MAIENFISCH

Forum Polar Noir

Posté le 29/09/2007 08:57:58


Philippe Sturbelle nous livre un roman impeccable sur bien des points : Une écriture bien léchée, virevoltante et surprenante. Une forme et une intrigue déroutante. J'avoue qu'il y avait longtemps que je n'avais pas été surpris par un livre. Une ambiance de labours et de pulpe de betterave du nord qui vous prend aux tripes. Tout tient dans une progression savamment orchestrée. On part pour un polar classique, avec le petit gars un peu paumé, un peu trop contemplatif, auquel on peut s'identifier. (Ce fut mon cas sur quelques pages…) Et puis il lui arrive les trucs habituels : Il découvre un cadavre, les gendarmes le soupçonnent. Normal. La gendarmette ne le laisse pas insensible, normal. Puis peu à peu, il se retrouve au centre d'une histoire tellement loufoque que là on se dit : "Ça y est, on est dans de la pure fiction !" Mais le tout monte en intensité, à l'intérieur d'une spirale infernale (je pèse mes mots…) et on finit par regretter de s'être identifié à "Monsieur Mesclin". Non, je n'irai pas en vacances en Picardie, je ne ferai plus de vélo dans les bois, je n'irai plus mettre mon nez dans des histoires qui ne me regardent pas. Non, non, non, plus jamais !
Bref, un super petit (par la taille) polar que je vous invite à découvrir !
Et, j'allais oublier : des scènes de bistrot qui rentreront dans mon panthéon personnel. Le père Ubu derrière le bar, Michel, la "caisse de résonance du patron" à portée de voix… Je vous l'avoue, j'ai éclaté de rire à la lecture de certains passages !
4 étoiles

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« Le clocher sonna deux heures. Mon torse me picotait, mon poignet était douloureux de la morsure de la petite, mon esprit avait mal de tant de rudesse, de tant d’acharnement hostile. Je me retrouvais seul dans ce village désert. Après une semaine de vacances, je n’avais semé que le soupçon et l’hostilité et avais été le pion d’un jeu dont j’ignorais et j’ignore encore les règles. Ce devait être des vacances. Des vacances !... »
Venu se reposer dans une petite ville de Picardie, Roland Mesclin va vivre un vrai cauchemar. Sa semaine de vacances se transforme en descente aux enfers. Agressé, séquestré, accusé de plusieurs meurtres, ce quadragénaire parisien se retrouve mêlé malgré lui à une histoire de fous. Victime considérée comme coupable par les gendarmes et les habitants, il va devoir prouver son innocence.

Comédien et metteur en scène de théâtre d’origine belge, Philippe Sturbelle nous livre un premier roman déjanté, récit des mésaventures d’un citadin égaré dans une campagne hostile. Il alterne le tragique et le loufoque. Avant d’être un roman policier, Vacances picardes a été un feuilleton théâtral, lu sur scène par l’auteur. Les spectateurs devaient imaginer la suite de l’histoire.

Collection - polars en nord -
Editeur Ravet anceau

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Extrait

"Faut que je me rase le cochon, faut que je me rase le cochon".
"Quoi, qu'est-ce que c'est ?" j'ouvris un œil et sursautai. Un homme d'une soixantaine d'années se tenait planté devant moi, en pyjama, l'air hébété. Je connaissais ce regard, il résonnait quelque part dans ma mémoire, mais la stupeur me rendait amnésique.
"Qui êtes-vous ? que faites-vous là ?" finis-je par articuler.
"Faut que je me rase le cochon" répéta-t-il en se tapotant le menton.
"Vous êtes ici chez moi, dans une propriété privée, partez… partez, je vous dis".
"Faut que je me rase le cochon".
"Et puis d'ailleurs comment êtes-vous entré ?"
"Par la fenêtre".
"Et depuis quand êtes-vous là ?"
"Hier après-midi".
"Hier après-midi ?"
J'avais donc passé une moitié de la journée d'hier et toute la nuit avec ce type dans la maison sans qu'il ne se manifeste et que je ne m'en aperçoive.
"Vous avez dormi ici ?"
"Oui, dans la chambre en face. Je la connais bien, c'était celle des enfants. Je me souviens, quand j'avais cinq ans j'y avais caressé les fesses d'une fille qui allait déménager à Madagascar, elle s'appelait Martine. J'ai pas beaucoup dormi, mes nuits ne se reposent plus. Par contre vous, vous n'avez pas de problème, c'est un vrai plaisir de vous regarder, vous souriez, vous ronflez, vous vous retournez, vous avez l'air d'un bébé".
"Vous m'avez regardé dormir ? Retournez chez vous vous n'avez rien à faire ici, laissez-moi. Mais qui êtes-vous ?"
"Faut que je me rase le cochon" insista-t-il en se tapotant le menton.