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Partant du principe que les filles du
bord de mer sont chouettes, que César déclarait que
de tous les peuples gaulois "belgi fortissimi sunt" et
que des femmes, comme des caryatides, blanches et nues regardent
passer des trains, considérant d'autre part la querelle linguistique,
la discrétion de la famille royale et la crise du borinage,
prenons notre parapluie, parcourons les fagnes voilées de
brumes et grisons nous des fêtes bruegeliennes du plat pays
qui est le mien et peut-être un peu le vôtre.
Que reste t-il du passé?
Que signifie ce relent de patriotisme dérisoire pour un pays
dont la seule évocation du nom déclenche l'hilarité
?
Quelles sont ces images associées à cette Belgique
natale ?
L'Atomium
La trappiste avec un morceau de gruyère au sel de céleri
Les plaques minéralogiques rouges sur fond blanc
Les masques de mort de James Ensor
Les Studebaker
Les trains de Delvaux
Les madames Redede
Les Van den…
Et ces quelques invasions étrangères dans une mémoire
bruxelloise
L'offensive Von Rundstedt
Les Fancy Fair
Les mines d'or du Katanga
La vaisselle chinoise de Granny
Les fjords norvégiens
Que signifient ces images, ces visages qui ressurgissent, ces moments
perdus dans le fatras des souvenirs ?
Je ne sais pas, j'ai juste envie de les partager, de saisir la chance
du théâtre et de la présence du public pour
l'utiliser comme d'une loupe isolant le détail, capturant
l'émotion oubliée. Arrêter le temps sur des
instants qui refont surface, les déguster prudemment, les
respirer avant qu'ils ne s'éloignent. Où vont-ils
? seront-ils encore là demain ?
Etre ma vie maintenant sur une scène, danser, rire, faire
rire, voyager, déclamer, chanter et traquer la mort qui grimace
dans les coins.
Enfin, tout ceci n'est pas très sérieux, seulement
vouloir être là, ces 3 mots englobent tout, Vouloir,
Etre, Là.
Mais dis ! c'est épatant, la note d'intention est bouclée,
c'est l'heure d'aller boire une bière.
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